Le dimanche




Samedi 26 mars 2005

samedi saint

 

Les gardes n’ont rien vu

Pourtant tout s’est déroulé là devant leurs yeux.

L’ange qui roule la pierre

Et ils ne voient rien.

Ils étaient là pour surveiller, scruter, garder, protéger, éloigner les curieux, empécher qu’on le vole, qu’on profane sa tombe, qu’on ouvre sur le monde, qu’on visite, qu’on adore…

Ils étaient là pour qu’on ne le voit pas

Pour qu’on ne le voit plus

Ils étaient là en mission, envoyés là par d’autres :

des gens sérieux

des gens qui savent,

des gens qui voulaient protéger la foule

De ses paroles,

De ses gestes,

De son message,

De sa présence,

Des gens qui ont tout fait pour le faire taire,

Des gens qui l’ont cru-cifié faute d’avoir cru en lui.

Les gardes n’ont rien vu

Ils étaient là pour obéir, pour obéir aveuglément

Ils étaient là pour garder

Pas pour regarder

Du moins n’en avaient ils pas reçu l’ordre

Ils n’ont rien vu, il ne pourront rien dire de ce matin-là

Ces gardes seront des tombeaux

Muets, vides et muets…

Les femmes voient et croient

Peut-être parce qu’elles cherchent

Elles sont venu le voir

Elles ont fait le chemin

Il a fait le chemin

Et elles ont reconnu…

Les femmes voient et croient.

Elles sont venues pour voir l’impossible

Parce qu’elles ne veulent pas s’arréter à la mort,

A la pierre,

Au tombeau fermé

Elles sont venues

Parce qu’en elles quelque chose ou quelqu’un murmurait de le chercher encore

Que tout ne pouvait pas finir là, à la croix.

Elles regardaient, elles cherchaient…

Il l’avait dit de son vivant

Enfin, du temps de sa présence avec les disciples

Apprenez à regarder comme Dieu mon Père regarde

Tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes avait-il dit à Pierre

Si vous ne ressemblez à cet enfant vous n’aurez pas de place dans le royaume.

Il s’était arrété devant l’arbre de Zachée le voleur

Il n’avait pas jeté de pierre sur la femme pécherese

Il avait passé du temps au puits de la samaritaine

Il s’arrétait pour les lépreux

Pour les malades

Pour les boiteux, pour les aveugles

Il avait lavé les pieds de ses disciples et même ceux de judas

Il avait été crucifié sur la croix

Entre des bandits

Et il avait pardonné, même à ses bourreaux

Comment mieux dire que Dieu ne regarde pas comme les hommes.

Les femmes voient

parce qu’elles ont appris,

en l’écoutant,

en le suivant,

en vivant avec lui,

comme tant de ses disciples,

A regarder autrement le monde, les autres et Dieu lui-même

Comment expliquer leur foi immédiate,

Qu’elles le reconnaissent si vite,

Et s’en aillent crier jusqu’à nos oreilles aujourd’hui qu’il est ressuscité ?

Notre monde se garde de tant et tant de risques

Qu’il ne regarde plus

Ou ne regarde pas

Qu’il cherche sans chercher

Et sans voir où il va

Qu’il se garde de tout et même de lui-même

Qu’il se garde de Dieu

Parce que Dieu est mort Monsieur c’est bien connu

Et que cela nous arrange tellement de le penser…

Ce soir nous pouvons choisir

De garder le silence, muets comme des tombeaux

Ou de chercher ici comme au matin de Pâques

Les trâces de Dieu dans nos vies et dans la vie du monde.

Nous pouvons choisir d’être gardes ou, comme ces femmes, disciples

De rester aveugle ou de voir

D’éviter soigneusement de regarder,

Ou décider de regarder ce monde avec les yeux de Dieu.

Choisir de ne rien dire ou de témoigner de sa vie et de son amour

De rester bien plantés dans nos sécurités ou d’avancer sur les route de notre temps à sa rencontre

En galilée, là où il nous dit :  je serai avant vous.

Et si nous choisissons la Galilée sachons bien de quoi elle est faite

Ni de bien pensants, ni de parfaits,

La Galilée est le monde des païens, des voleurs,

des brigants, des malades,

des boiteux, des pécheurs, des mourants,

des petits et des pauvres,

le monde des bourraux, des victimes,

le monde blessé, perdu, vagabon,

le monde la solitude et de l’abandon…

C’est là qu’ils nous attend, c'est là qu'il est présent.

Ce soir nous pouvons choisir :

Les gardes n’ont rien vu : Nous pouvons choisir de garder ce que nous pensons maîtriser

Les femmes le voient : Nous avons le choix d’aimer comme Dieu aime

Fêter Pâques, voyez vous, ça peut changer nos vies et pourquoi pas le monde.

Michel



Vendredi 25 mars 2005

Vendredi

 

On lui a demandé de retirer sa croix, pourtant elle n’avait rien fait, rien dit, rien provoqué, elle portait juste une petite croix discréte. Une petite croix importante pour elle, un simple signe de quelque chose qui compte, de quelqu’un qui compte, une petite croix qui disait sa foi simple, sa confiance en Dieu… Une petite croix que son parrain lui a offerte. Elle n’a pas compris mais elle a retiré sa croix. Bien sûr ceux qui la lui ont fait retirer l’ont fait dans une bonne intention, au nom de laïcité, la sacro-sainte laïcité dont ils ont fait un dogme.

 

Hier au nom de la religion Ils ont chargé le Christ de sa croix… Aujourd’hui au nom d’une laïcité mal comprise ils font retirer leurs croix aux jeunes croyants français… Bientôt ils feront déterrer tous les sapins des parcs publics au moment de Noël, détruire tous les oeufs mis en vente pour Pâques, enfouir les cloches des églises dix pieds sous terre… ou même retirer les croix des tombes et des églises un jour.

 

Mais rien n’y fera. La croix que nous portons est bien plus qu’un signe visible, que nous choisissons pourtant si discret, elle est bien plus que cela, elle est gravée en nous, en nos corps par les croix de ceux que nous rencontrons, elle est gravée en nos cœurs comme le signe qu’un seul un jour à su vaincre la haine en prenant le chemin de l’amour.

 

On a voulu le mettre à mort, on lui a dit de porter sa croix. Et la croix l’a porté. Et ceux là ont réussi, mais seulement en apparence, car Il a transformé la nécessité de mourir en liberté. Car sa mort est une mort choisie : "Ma vie, nul ne la prend, mais c'est moi qui la donne". On ne peut pas prendre à quelqu'un ce qu'il donne.

 

Dans le récit de la Passion, tout le monde "livre" Jésus à tout le monde :

Judas le livre à ses ennemis,

le grand-prêtre le livre à Pilate,

Pilate le livre aux juifs.

Trop tard !

tout le monde a été pris de court,

tout le monde arrive trop tard.

Avant que qui que ce soit ne le livre,

Jésus s'était déjà lui-même livré :

"Ceci est mon corps livré pour vous" !

Le péché et la haine sont toujours précédés par l'amour qui donne la vie.

 

L'amour est l'acte libre le plus parfait qui soit.

Par lui, l'homme dispose, pour la donner, de sa propre vie.

C'est ce qui se passe avec le Christ.

Finalement, dans la Passion, c'est l'amour qui gagne !

tout ce que les hommes tentent contre Jésus n'a qu'un résultat : il aime davantage.

Les hommes ont réussi à mettre le Christ à mort, mais ils n’ont pas gagné.

Ils auraient gagné ce combat s'ils avaient amené le Christ à haïr.

Là, Dieu serait vraiment mort, car il serait devenu le contraire de ce qu'il est.

L'amour serait devenu haine.

En réalité, cette croix a donné la preuve éclatante que Dieu aime là où il n'y a plus aucune raison d'aimer.

Quand on a des raisons d'aimer quelqu'un, ce n'est pas encore tout à fait de l'amour.

Mais aimer sans raison ! Ca c’est de l’amour !

 

On lui a demandé de retirer sa croix, elle l’a fait sans comprendre pourquoi ce monde qui a tant besoin d’amour, lui demandait d’en retirer le signe.

S'ils continuent de nous retirer nos croix, alors nous serons signe d'amour par toute notre vie.

Michel



Jeudi 24 mars 2005

Jeudi !

 

« Sachant que l’heure était venue de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » !

Pour Jésus, pour Dieu, il ne s’agit pas de chercher la souffrance.

Il s’agit d’aimer jusqu’au bout.

Vous voyez pendant un temps l’Eglise a cru que Dieu demandait aux hommes de souffrir à cause des souffrances du Christ… On disait « c’est normal de souffrir Jésus a souffert… »

Mais c’est tout le contraire : le Christ a souffert parce que les hommes souffrent.

Il nous aime tellement que nos souffrances sont les siennes :

ce qui nous blesse le blesse,

ce qui touche la vie de chacun de nous le touche,

ce qui touche l’humanité le touche lui…

Et dans cet amour-là, s’il veut aller jusqu’au bout de lui-même, il croise irrémédiablement la souffrance.

On dit souvent que l’on souffre de ceux que l’on aime, que l’on souffre d’aimer.

Quand on aime on souffre avec l’autre, on pleure avec lui, on se réjouit avec lui.

On souffre par l’autre, on souffre de l’autre.

On souffre pour soulager la souffrance de l’autre.

On appelle ça la Passion. La passion de Dieu pour l’humanité et pour chacun de nous va jusque là. Accepter et même choisir d’aimer jusqu’au bout.

Y a-t-il un amour qui ne soit don total de soi ?

C’est ce que nous célébrons ces jours-ci : un amour qui n’est amour que s’il est don total.

Jésus nous montre la route qu’il a choisi.

Il n’a pas suffit à Dieu de créer ce monde, de créer l’humanité, il lui faut aller au bout et se renoncer à lui-même pour que nous vivions de sa vie.

Des parents peuvent comprendre ça, des parents peuvent vraiment l’expérimenter chaque jour. Des frères et soeurs peuvent comprendre ça...

Des parents, des frères et soeurs ou des gens qui ont choisi de vivre par amour, de s’aimer ou d’aimer jusque là.

Pas d’amour qui ne soit don total à celui qu’on aime

Pas d’amour qui ne soit pardon…

Sur cette route là...

Le Christ reste fidéle quoi qu’il arrive.

Et nous savons ce qui arrive…

Quand les plus proches le trahissent,

Quand les foules le lachent,

Quand il n'en reste que deux au pied de la croix,

Quand ceux pour qui il est venu le crucifient et s’en réjouissent...

Il s’agit d’aimer jusqu’au bout...



Samedi 25 décembre 2004

"Parole"

Une parole fragile... au cœur de nos paroles

Au creux de nos paroles.

 

Une parole qui tranfigure tout sur son passage, tout ce qu’elle touche.

Elle ne retourne pas auprès de Dieu sans avoir fait son œuvre.

 

Une parole qui donne à parler

et donne de parler aux silencieux et aux muets de ce temps.

Une parole qui donne la parole,

Une parole qui ne peut pas se retenir,

Une parole qui ne se dit pas sans voix,

Sans nos voix,

Sans nos paroles d’hommes,

Une Parole qui se dit dans une vie d’homme, pour des hommes, au coeur des hommes, avec les hommes et c’est ce que Dieu a compris...

 

Une Parole, Sa Parole, Lui Parole,

Une Parole d'amour, de Paix, de Pardon, d'Espérance en l'Humanité toute entière,

Une Parole lumière dans la nuit...

 

Juste un mot, juste un nom, juste un petit Verbe d'Amour...

 

Bon Noël !

 

Michel



Lundi 01 novembre 2004

Toussaint !

 

Un saint ?

 

Christophe est dans l’église de son village avec sa mamie, elle lui fait découvrir les vitraux de l’église.

- « Tiens regarde celui-ci, tu reconnaîs le personnage ? »

+ « Non, c’est qui ? »

- « C’est St François d’Assise »

Et mamie raconte un peu sa vie…

Puis elle en propose un autre :

- « et celle-ci tu la reconnais ? »

+ « Non », répond une fois encore Christophe.

- « Eh bien c’est Ste Thérèse » et mamie raconte un peu de son histoire.

La visite continue puis sa mamie demande à Christophe s'il a compris ce que c’est qu’un saint, après avoir passé une heure à les découvrir au travers des vitraux…

 

« Oui, répond Christophe en montrant un des vitraux, ça c’est facile : un saint c’est quelqu’un qui laisse passer la lumière » !!!

 



Dimanche 13 juin 2004

Bon dimanche !

Bonjour !

Je viens de me décider ce matin, en me levant. Enfin, c'était plutôt en voiture, disons-le ! Un nouveau blogue plus marqué, spécifique, particulier, spécial, moins neutre, plus engagé, d'un autre genre, mais du même style, l'auteur restant l'auteur...

Pourquoi un nouveau blogue ? Un blogue du dimanche comme hier il y avait les habits du dimanche, les invités du dimanche, la tarte du dimanche, le film du dimanche, la promenade du dimanche ou la partie de pétanque du dimanche, etc...

Un blogue du dimanche pour lui rendre une place particulière, privilégiée dans la semaine, puisque, pour moi, il n'est pas un jour ordinaire. Le premier jour de la semaine mérite d'être honoré tout particulièrement.

Là, tout commence, ce matin-là, premier matin, toute l'humanité en est transformée et rien ne l'empêchera... Ce matin-là, le tombeau vide parle mieux que quiconque et depuis, chaque dimanche dit la vie, l'espérance, la foi, la réconciliation possible... etc.

Alors ce blogue veut tenter d'être parole de dimanche, mots du dimanche !

Michel